Le dépistage d'une anomalie du souffle nécessite plusieurs étapes :
La première étape est le dépistage d'une éventuelle anomalie du souffle :
à l'aide d'un débit-mètre de pointe, encore appelé «peak-flow»,
ou avec un spiromètre miniaturisé.
En cas d'anomalie, il est nécessaire d'établir un diagnostic à l'aide d'explorations fonctionnelles respiratoires (EFR), au repos et à l'effort. Ces examens sont simples à réaliser et indolores.
Le débit expiratoire de pointe
De quoi s'agit-il ?
Le débit expiratoire de pointe (DEP ; appelé "peak flow" par
les Anglo-Saxons) est le débit d'air maximal que l'on peut produire
lorsque l'on souffle le plus énergiquement possible. Il est mesuré en
litres par minute.
Pourquoi mesurer le DEP ?
Le débit d'air expiré dépend en grande partie
du calibre des bronches. Dans diverses maladies qui entraînent
un rétrécissement des bronches – asthme essentiellement
mais aussi bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO),
le DEP diminue et l'importance de cette diminution témoigne de
la gravité de la maladie respiratoire.
La mesure du DEP révèle parfois un asthme qui n'est pas évident
ou peut faire soupçonner une BPCO chez une personne qui fume
depuis longtemps par exemple.
Comment faire ?
Le DEP est mesuré en soufflant par la bouche le plus fort et le plus vite possible dans un petit appareil comportant un curseur qui se déplace d'autant plus loin sur une échelle graduée que le débit d'air est élevé (voir photo). Cet appareil est appelé "débitmètre de pointe" et plusieurs modèles sont commercialisés.
La mesure doit être effectuée trois fois de suite, et c'est le chiffre le plus élevé que l'on note sur un carnet de surveillance journalier.
Quand mesurer le DEP ?
En cas de crise, il faut mesurer le DEP et contacter un médecin en urgence si la valeur du DEP est inférieure à 60 % de la valeur maximale observée habituellement.
C'est un petit appareil électronique, fiable et performant. Il est de plus en plus utilisé en médecine générale. Il permet d'obtenir des renseignements plus complets que le débimètre de pointe.
La mesure du souffle avec cet appareil est simple : il suffit de souffler dans l'embout.
La mesure obtenue permet de déterminer l'obstruction des bronches. L'obstruction peut ensuite être confirmée par des examens de spirométrie complète (voir EFR).
EFR signifie Exploration de la Fonction Respiratoire.
Elle a pour but de mesurer votre capacité respiratoire et les principales caractéristiques de votre souffle. C'est un examen qui permet la mesure des volumes pulmonaires et des débits expiratoires pulmonaires.
Au cours de cet examen totalement indolore, le pneumologie mesure le fonctionnement de votre souffle lors de l'inspiration ou de l'expiration par un embout placé dans votre bouche (qui ressemble à un tuba) et relié au spiromètre.
On vous demande de souffler le plus vite et le plus fort possible dans l'embout buccal soigneusement désinfecté et non “ allergénique ”. Afin d'éviter les “ fuites d'air ” par le nez, on place un “ pince-nez ” pendant l'examen.
L'examen donne la mesure des principaux paramètres suivants :
Le Volume Expiratoire Maximum pendant la 1ère seconde (VEMS) : c'est la quantité d'air que vous pouvez souffler très fort en 1 seconde après avoir rempli profondément vos poumons.
La Capacité Vitale (CV) : c'est le volume maximum d'air que vous pouvez faire entrer et sortir de votre poitrine lorsque vous la videz à fond.
Le Volume Résiduel (VR) : lorsque vous avez vidé votre poitrine à fond, il reste de l'air dans vos poumons. cette quantité d'air est appelée Volume Résiduel (VR).
La Capacité Pulmonaire Totale (CPT) : c'est le volume maximum d'air présent dans la poitrine lorsqu'elle est gonflée à fond. Elle correspond à la somme CV+VR.
En fonction des résultats obtenus, le pneumologie jugera de l'utilité de compléter l'exploration de votre souffle par la réalisation d'une exploration fonctionnelle respiratoire à l'effort simplifiée (test de marche) ou complète, la mesure de l'oxygène dans votre sang, la mesure de la capacité de diffusion voire un enregistrement de votre respiration la nuit.
Mesure du souffle et tabac
Chez une personne non fumeuse le VEMS décroît naturellement avec l'âge. Le VEMS décline plus vite chez les fumeurs sensibles à la fumée du tabac ; l'arrêt du tabac permet de retrouver la même pente que chez les non fumeurs. L'arrêt du tabac est indispensable pour la santé respiratoire et apporte une diminution importante de la toux et de l'essouflement.